EDITO DE LA SEMAINE

BAPTÊME DU SEIGNEUR– 12 janvier 2020 Matthieu 3,13-17

 

UN BAPTEME QUI PLONGE DANS LE SOURIRE

Le baptême de Jésus, que nous célébrons dans cette messe dominicale, nous presse d’approfondir notre propre baptême et donc notre propre conversion. 

Notre conversion est lente. C’est une courbe très longue. Là où l’on se trouve on a l’impression que la ligne est droite qu’il n’y a pas de changement. La conversion, c’est un changement de direction. Je pense au Christ dont St Paul présentait la réalité d’ici-bas par ces mots fulgurants : « Il est passé en faisant le bien ». Jésus est source de vie, il est Dieu.

On se dira mais non, je ne me prends pas pour un dieu… ça au moins je n’ai pas fait… De nouveau considérons St Paul lorsqu’il parle de la nécessité de la grâce :

 « Je voudrais faire le bien, mais c’est le mal que je fais. »

La meilleure preuve que nous pensons être source, c’est que nous n’avons pas renoncé à la superstition du faire.

Il ne s’agit pas de faire, mais d’être, d’exister en forme de don et d’ouvrir une espace par notre seule présence, d’être un vivant par le sourire. 

Il y a quelque temps une jeune personne m’a rendu un service mais tout de travers. Il faut dire qu’elle s’annonçait comme débutante, elle ne savait vraiment pas y faire. Malgré elle, elle donnait l’impression de dire : « Monsieur soyez indulgent ! ». Mais elle le faisait avec un tel sourire qu’il y avait quelque chose de juste au moins dans ce sourire. En faisant ce sourire tout simple, elle avait vraiment compris qu’il fallait s’offrir à l’indulgence. Si le chrétien pouvait avoir à l’égard de Dieu autant de confiance que dans cette manière de demander l’indulgence, est-ce que nous ne serions pas davantage dans la grâce de notre baptême ?

Yves Cornu